AGX : Automatiser le développement des négatifs argentiques

Si vous pratiquez la photographie argentique, vous connaissez le dilemme : payer une fortune pour des scans de labo souvent trop compressés, ou passer des heures à numériser manuellement ses négatifs avec un appareil photo numérique.

C’est pour résoudre ce problème que j’ai développé AGX (Automated Grain Xtractor), un outil en ligne de commande (CLI) qui transforme vos scans RAW de négatifs en fichiers TIFF 16-bit positifs, prêts pour le post-traitement.

Le setup de numérisation

Pour numériser mes pellicules, j’utilise une méthode artisanale mais précise : un smartphone (48mpx) monté sur un trépied, une source de lumière uniforme (une tablette lumineuse), et un masque en papier Canson pour caler le film. Le problème ? Chaque photo RAW capturée contient les bords noirs du masque et nécessite une inversion manuelle laborieuse.

Pourquoi utiliser AGX ?

Développer un négatif numérique ne se résume pas à un simple « Inverser les couleurs » dans Photoshop. Pour préserver le grain et la plage dynamique, il faut respecter une chaîne de traitement stricte. AGX automatise les étapes les plus ingrates :

  • Smart Crop : L’outil détecte automatiquement la zone éclairée du film au milieu des bordures noires et recadre l’image tout seul.
  • Traitement Linéaire : AGX travaille en 16-bit tout au long du pipeline. Aucune donnée n’est perdue.
  • Inversion Intelligente : L’inversion et la normalisation des niveaux (Auto-levels) se font sur le contenu réel de la photo, en ignorant les marges ou les perforations qui faussent souvent les calculs.
  • Traitement par lot (Batch) : Une commande, et tout votre dossier est traitée avec une barre de progression.

Mon workflow : du RAW au positif

Voici comment je procède pour chaque pellicule :

  1. Capture : Je photographie position par position mes négatifs au format RAW pour capter un maximum d’informations.
  2. Traitement AGX : Je lance une simple commande agx <dossier_raw> <dossier_sortie>
  3. Développement final : AGX me sort des fichiers TIFF propres. Je n’ai plus qu’à ajuster le recadrage, les contrastes et les couleurs selon mon goût.

Comparaison : avant / après AGX

Avant AGX

Après AGX
Après traitement basique sur GIMP

On voit clairement comment AGX récupère les détails dans les ombres et les hautes lumières sans brûler les blancs, là où un outil standard aurait pu se tromper à cause des bords noirs.

Grâce à AGX, le pré-traitement de 70 fichiers RAW ne prend que quelques millisecondes, me permettant de consacrer mes dix minutes de retouche sur GIMP uniquement à l’artistique. Sans cet outil, la conversion manuelle de chaque négatif aurait pris plus de 20 minutes par image, avec un résultat souvent fluctuant et imprécis. »

Pour les curieux du code

AGX est codé en Python et s’appuie sur des bibliothèques robustes comme rawpy pour la lecture des RAW et numpy pour la manipulation des matrices d’images. C’est un outil pensé par un photographe, pour les photographes.

Le projet est disponible en Open Source sur mon GitHub :